Salon de l’escalade 2026 : bien plus qu’un salon, un festival de la verticalité
Bloc de granit au salon de l’escalade 2026
Pour sa 6e édition, le Salon de l’Escalade a confirmé ce que beaucoup observaient déjà : l’escalade n’est plus un sport de niche, c’est un véritable phénomène culturel.
Entre ateliers de pratique, démonstrations, conférences, expositions photo, librairie spécialisée, rencontres avec des légendes de la discipline et découvertes de matériel, l’événement assume pleinement son identité hybride.
Un salon, oui, mais surtout un festival expérientiel, où se croisent grimpeurs débutants, pratiquants aguerris, professionnels du secteur, curieux et passionnés de verticalité au sens large.
Car ici, on ne parle pas uniquement d’escalade.
On parle aussi d’alpinisme, de cascade de glace, de métiers de la verticalité, de culture, de transmission. Bref, de tout un écosystème, vivant, accessible et résolument tourné vers le partage.
MORDU a rencontré Eric Hatesse fondateur du festival pour mieux comprendre le phénomène.
🎙️ Interview – éric HAtesse, fondateur du Salon de l’escalade
« Opposer salle et falaise n’a aucun sens : ce sont des pratiques complémentaires »
1. De sport de niche à pratique grand public
Pendant longtemps, l’escalade est restée un sport confidentiel, souvent associé aux territoires de montagne et à une communauté d’initiés. Selon Edric Hattesse, le basculement s’opère véritablement il y a une dizaine d’années, lorsque la pratique sort des falaises pour investir les centres urbains. Les salles d’escalade privées, en se multipliant au cœur des villes, ont rendu la discipline visible, accessible et désacralisée. Résultat : une explosion du nombre de pratiquants, portée par une offre désormais à portée de métro
2. Quand l’offre crée la demande
Pour le fondateur du Salon de l’Escalade, le phénomène est limpide : la disponibilité de l’offre a créé la demande. En simplifiant l’accès à la pratique — notamment avec le développement massif du bloc — l’escalade est devenue un sport dans lequel on peut s’initier sans barrières techniques ou logistiques lourdes. Plus besoin de maîtriser les manips de corde ou la sécurité dès la première séance : chacun peut tester, progresser et prendre du plaisir immédiatement. Une facilité d’entrée qui a littéralement “fabriqué” une nouvelle génération de grimpeuses et de grimpeurs.
3. Des valeurs en phase avec l’époque
Au-delà de l’infrastructure, l’escalade séduit par les valeurs qu’elle véhicule. Eric Hattesse insiste sur la convivialité, l’attention portée à l’autre et le partage, au cœur de la pratique. En bloc comme en voie, on observe, on conseille, on assure, on progresse ensemble. L’escalade devient alors un sport de résolution de problèmes, rarement solitaire, où l’entraide est presque instinctive. Un état d’esprit qui résonne fortement avec les aspirations actuelles autour du bien-être, du collectif et du rapport au corps.
4. Indoor et outdoor : une complémentarité évidente
Face aux débats récurrents opposant salle et falaise, Eric Hattesse tranche sans détour : l’opposition n’a pas lieu d’être. L’escalade indoor a rendu la discipline visible et accessible, mais ses racines restent profondément ancrées dans le milieu naturel. Héritière directe de l’alpinisme, l’escalade s’est émancipée pour devenir une fin en soi, tout en conservant ce lien intime avec la verticalité extérieure. Salle et outdoor répondent à des usages différents et se nourrissent mutuellement.
5. Un écosystème bien plus large que l’escalade
Cette vision globale se retrouve dans l’ADN du Salon de l’Escalade, que son fondateur décrit comme un événement dédié à la verticalité au sens large. Escalade bien sûr, mais aussi alpinisme, via ferrata, canyon, spéléologie, cascade de glace, sans oublier les métiers de la hauteur. À cela s’ajoute une forte dimension culturelle, avec des expositions, des livres, des conférences et la présence de figures emblématiques de la discipline. Le festival devient alors un lieu de rencontres entre sport, culture et transmission.
6. Un esprit festival, accessible et bienveillant
Enfin, Edric Hattesse revendique pleinement l’ambiance particulière du Salon. Plus qu’un salon professionnel classique, l’événement assume son côté expérientiel et festif. On vient pour découvrir, pratiquer, échanger, s’inspirer. Cette atmosphère reflète selon lui l’ADN même de l’escalade : un milieu encore largement accessible, bienveillant et peu formaté. Un esprit que le festival s’efforce de préserver, pour continuer à faire de l’escalade bien plus qu’un sport — une véritable culture vivante.
« L’indoor rend l’escalade visible, mais ses racines sont clairement dans l’outdoor »
LE SALON DE l’escalade en chiffres
6e édition
6000 visiteurs
310 exposants
Le business des salles d’escalade en France : 150M de CA annuel, 2M de pratiquants
Liens et références
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📍 Vers un prochain salon de l’escalade en 2027 ? Cédric est confiant pour la prochaine édition!
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