Pompe électrique pour wing foil : Airbank Pulse Pro vs Anoutway Cheetah Pro

Ça fait vingt ans que je considère la pompe électrique comme un accessoire de boomer. Alors pourquoi ai-je fini par tester l’Airbank Pulse Pro et l’Anoutway Cheetah Pro ? Parce qu’avec moins d’un kilo sur la balance et une board gonflée à 20 PSI en moins de trois minutes, ces nouvelles pompes pourraient bien changer la donne.

La pompe électrique ? Un truc de boomer

Ça fait vingt ans que je l’explique à peu près à tout le monde : la pompe électrique, c’est vraiment le truc du dentiste de 60 ans . Pourquoi acheter un appareil électrique supplémentaire, qui coûte cher, prend de la place, fait un bruit de perceuse et ajoute encore une batterie à recharger ? Alors qu’on peut s’échauffer tranquillement et gonfler son kite, sa wing ou sa board à la main en quelques minutes ?

Un peu d’huile de coude, et c’est réglé.

J’ai donc longtemps regardé les pompes électriques avec un mélange de scepticisme et d’amusement. Un accessoire de confort encombrant, dont je ne voyais pas vraiment l’intérêt pour un rider en bonne santé.

Et puis les pompes ont changé.

« Les gars, pas la peine que je prenne ma pompe… »

Qui n’a jamais reçu ce message WhatsApp la veille d’un trip entre potes ?

« Les gars, pas la peine que je prenne ma pompe, vous prenez la vôtre ? »

Chez nous, le message vient généralement de mon pote Olivier.

Et il faut reconnaître qu’il pose une vraie question : pourquoi transporter neuf pompes pour gagner 5 minutes quand tout le monde se jettera à l’eau ?

Car dans un boardbag, la pompe est toujours ce truc pénible à caser. Elle est longue, rigide, pleine de vide et étonnamment encombrante par rapport à son utilité. On finit par la coincer entre deux ailes en espérant qu’elle n’abime rien ou par essayer de convaincre un copain de prendre la sienne.

Les pompes dites « de voyage » permettent de gagner un peu de place, mais elles sont rarement très satisfaisantes. Plus petites, elles demandent souvent davantage de mouvements, sont moins stables et rendent le gonflage encore plus laborieux.

Alors forcément, si une pompe électrique fonctionne vraiment, monte à 20 PSI et se glisse facilement dans un boardbag, le sujet devient tout de suite plus intéressant.

Le point de bascule : moins d’un kilo et la taille d’une main

Ce qui m’a fait changer d’avis, ce n’est pas soudainement la flemme de pomper une wing. C’est le format des nouvelles pompes électriques.

L’Airbank Pulse Pro et l’Anoutway Cheetah Pro tiennent pratiquement dans une main. Elles pèsent réellement 950 grammes avec leur batterie intégrée et peuvent monter jusqu’à 20 PSI.

On n’est plus face à un gros compresseur à laisser dans le coffre et à brancher sur l’allume-cigare. On parle d’une pompe autonome que l’on peut réellement emporter en voyage avec sa wing, sa board ou son SUP.

À ce niveau d’encombrement, l’équation change : la pompe électrique n’a plus besoin de remplacer uniquement l’effort physique. Elle peut aussi remplacer la pompe manuelle que personne ne veut mettre dans son boardbag.

Et il faut bien l’avouer : avec un SUP ou une board de wing gonflable, la perspective de devoir ressortir la pompe manuelle suffit parfois à créer une petite flemme avant même la session.

Airbank m’a donné envie de regarder le sujet de plus près

La communication d’Airbank a fini par attirer mon attention. Sur le papier, la Pulse Pro cochait toutes les cases : format compact, moins d’un kilo annoncé, batterie intégrée, pression maximale de 20 PSI et plusieurs gonflages possibles sur une charge.

Pour la première fois, je ne voyais plus seulement une pompe électrique destinée à éviter quelques minutes d’effort. Je voyais un accessoire qui pouvait réellement avoir sa place dans mon matériel de voyage.

En cherchant des retours indépendants, je suis tombé sur le travail réalisé par SUP Passion, qui avait testé plusieurs pompes électriques, dont l’Anoutway Cheetah Pro.

Leurs résultats confirmaient que ces mini-pompes n’étaient pas de simples gadgets. Elles semblaient capables de gonfler de vraies planches à haute pression, avec une autonomie suffisante pour plusieurs sessions.

Nous avons donc contacté Airbank et Anoutway, qui ont accepté de nous envoyer chacune leur modèle afin de les tester sur le matériel que j’utilise réellement :

  • une board gonflable Gong HIPE Stunt 4’9 de 95 litres ;

  • une F-One Strike V4 de 5 m².

L’objectif était simple : savoir laquelle emporter en trip… et vérifier si j’étais prêt à ravaler vingt ans de vannes sur les utilisateurs de pompes électriques.

Airbank contre Anoutway : le comparatif tourne court

Au déballage, le match a pris une tournure inattendue.

Les boîtes sont identiques. Le Quick Start Guide, le tuyau, les embouts, le câble de recharge et les accessoires sont identiques. Les boutons, l’écran et les modes de fonctionnement sont également très similaires.

Seule la coque en plastique change légèrement, avec une couleur et un branding propres à chaque marque.

En regardant les étiquettes, on retrouve surtout le même fabricant : Chengdu Chendian Intelligent Technology.

Tout indique donc que l’Airbank Pulse Pro et l’Anoutway Cheetah Pro reposent sur la même plateforme industrielle, personnalisée et commercialisée par deux marques différentes. Nous n’avons pas démonté les appareils pour comparer chaque composant. Mais leur provenance, leurs caractéristiques, leur fonctionnement et, comme nous allons le voir, leurs performances sont identiques.

On pensait organiser un duel. On s’est retrouvé avec des jumelles.

Les caractéristiques techniques

Airbank annonce une pompe de 900 grammes, équipée d’un moteur brushless tournant à 80 000 tr/min. La Pulse Pro dispose d’une batterie rechargeable de 4 500 mAh et peut atteindre une pression maximale de 20 PSI.

La marque promet de gonfler un SUP de 10’6 à 12 PSI en environ six minutes, avec une autonomie maximale de cinq gonflages à 12 PSI ou trois gonflages à 15 PSI.

L’Anoutway Cheetah Pro affiche des caractéristiques pratiquement identiques. Lors de son propre test, SUP Passion relevait notamment une batterie de 66 Wh sous 14,8 V, une pression maximale de 20 PSI et un temps de 6 min 30 pour gonfler une planche de 12’6 à 15 PSI.

Ces chronos ne peuvent pas être directement comparés aux nôtres : le temps nécessaire dépend énormément du volume de la planche.

Caractéristique Airbank Pulse Pro Anoutway Cheetah Pro
Fabricant indiqué Chengdu Chendian Intelligent Technology Chengdu Chendian Intelligent Technology
Poids annoncé 900 g 900 g
Poids mesuré 950 g 950 g
Batterie annoncée 4 500 mAh 4 500 mAh
Pression maximale 20 PSI 20 PSI
Modes Auto, Low et High Auto, Low et High
Gonflage et dégonflage Oui Oui
Arrêt automatique Oui Oui
Packaging et accessoires Identiques Identiques
Prix public constaté 149 $ 129,99 $

Sur notre balance, les deux pompes affichent donc 950 grammes, soit 50 grammes et environ 5,6 % de plus que le poids annoncé.

Cela reste remarquablement léger au regard des performances.

Notre protocole de test

Nous avons principalement testé les pompes sur deux équipements représentatifs d’un trip wingfoil.

Pour la board, nous avons utilisé une Gong HIPE Stunt 4’9 de 95 litres, totalement dégonflée au départ. Nous avons mesuré le temps nécessaire pour atteindre 15 puis 20 PSI. Pour la wing, nous avons utilisé une F-One Strike V4 de 5 m², gonflée à 9 PSI.

Nous avons également observé :

  • la facilité de connexion des embouts ;

  • le réglage de la pression ;

  • le fonctionnement de l’arrêt automatique ;

  • le bruit ;

  • l’échauffement ;

  • le poids et l’encombrement ;

  • le rangement du tuyau et des accessoires ;

  • le temps de recharge ;

  • l’autonomie sur plusieurs gonflages.

Board gonflable : moins de trois minutes pour atteindre 20 PSI

C’est la première grosse surprise de ce test. Sur notre Gong HIPE Stunt de 95 litres, les deux pompes obtiennent exactement les mêmes résultats.

Gonflage de la Gong HIPE Stunt 95 L Airbank Pulse Pro Anoutway Cheetah Pro
Jusqu’à 15 PSI 1 min 55 1 min 55
Jusqu’à 20 PSI 2 min 42 2 min 42

Pas une seconde d’écart (à la marge d’erreur prêt de nos laborantines).

Dans les deux cas, la pompe commence par envoyer un gros volume d’air à basse pression. Le bruit et le régime moteur changent ensuite lorsqu’elle attaque la phase haute pression. Une fois la pression programmée atteinte, la pompe s’arrête automatiquement.

Le résultat est assez bluffant : en moins de trois minutes, notre board de wing est gonflée à 20 PSI et prête à recevoir son foil.

Pendant ce temps, on peut sortir le reste du matériel, monter son foil ou commencer à enfiler sa combinaison.

Le gain ne se mesure donc pas seulement au chronomètre. C’est aussi du temps pendant lequel on n’a plus besoin de pomper.

Wing : 1 min 35 pour gonfler une Strike de 5 m²

Sur notre F-One Strike V4 de 5 m², programmée à 9 PSI, les deux pompes terminent le gonflage en 1 min 35.

Le gain face à une pompe manuelle est probablement moins spectaculaire que sur une board gonflable. Une wing se gonfle déjà relativement rapidement à la main.

Mais l’intérêt reste réel : on branche, on sélectionne la pression, on lance la pompe et on peut commencer à préparer autre chose. On peut surtout gonfler exactement à la pression souhaitéé!

Le véritable match : pompe électrique contre pompe manuelle

Le duel entre Airbank et Anoutway est rapidement réglé : leurs performances sont identiques.

Le véritable comparatif oppose donc cette nouvelle génération de pompes électriques compactes à la bonne vieille pompe manuelle.

La pompe manuelle conserve de vrais avantages :

  • elle ne tombe jamais en panne de batterie ;

  • elle ne craint pas autant l’eau ou le sable ;

  • elle ne fait aucun bruit ;

  • elle coûte beaucoup moins cher ;

  • elle permet de s’échauffer avant la session!

Et on la laisse traîner volonties sur le spot pour les plus généreux d’entre nous! Pour gonfler une wing, je continue donc de penser qu’elle fait parfaitement le travail.

Mais avec une board gonflable, l’équation n’est plus la même.

Monter une planche à 15 ou 20 PSI demande davantage d’effort et finit parfois par décourager son propriétaire de la dégonfler entre deux sessions. C’est particulièrement vrai avec les SUP gonflables : la simple perspective de devoir pomper peut suffire à laisser la planche dans le garage.

Avec une pompe électrique, on branche le tuyau, on programme la pression et on passe à autre chose.

Même si une pompe manuelle très performante obtenait un chrono proche, elle mobiliserait le rider pendant toute la durée du gonflage. Ici, seules la connexion et la mise en marche demandent une intervention.

Sur une wing seule, la pompe électrique reste essentiellement un confort. Sur une board gonflable à haute pression, elle devient franchement difficile à abandonner une fois qu’on y a goûté.

Le principal défaut : un bruit de perceuse

Il ne faut pas imaginer préparer son matériel dans le silence face au lever du soleil.

Lors de la phase haute pression, les deux pompes produisent un bruit comparable à celui d’une perceuse tournant à plein régime.

Puisqu’elles partagent vraisemblablement le même moteur et la même mécanique, nous n’avons constaté aucune différence notable entre elles. Ce bruit reste supportable pendant deux ou trois minutes, mais il est clairement gênant dans un camping au petit matin ou sur une plage très calme.

C’est clairement la contrepartie de leurs dimensions réduites et de leur vitesse de gonflage.

Autonomie : combien de sessions sans recharge ?

Les deux pompes fonctionnent sur batterie intégrée. Il n’est donc pas nécessaire de rester à proximité de sa voiture ou de trouver une prise allume-cigare.

Airbank annonce jusqu’à cinq SUP de 10’6 gonflés à 12 PSI ou trois boards à 15 PSI sur une charge complète.

SUP Passion avait de son côté réussi à gonfler et dégonfler quatre planches de 12’6 avec une Cheetah Pro.

De notre côté, nous avons réussi à gonfler 5 fois notre board gonflable. Franchement, c’est une très belle autonomie!

Temps de recharge

Les deux pompes se rechargent par USB-C.

  • Airbank Pulse Pro : 1h45

  • Anoutway Cheetah Pro : idem

Le temps de recharge n’est pas déterminant lorsqu’on peut laisser la pompe branchée pendant la nuit. Il devient plus important lors d’un trip itinérant, d’un bivouac ou lorsque plusieurs riders partagent le même appareil.

Une pompe de plage… mais pas une pompe étanche

Airbank précise que le circuit électronique bénéficie d’un traitement destiné à mieux résister à l’humidité, aux embruns et aux petites projections.

Les pompes elles-mêmes ne sont cependant ni étanche ni prévue pour être immergée. Les marques déconseillent également de la poser directement sur le sable, un sol mouillé ou dans un environnement très poussiéreux.

La housse fournie protège la pompe, le tuyau et les accessoires pendant le transport. Sur la plage, mieux vaut néanmoins la poser sur le boardbag, une serviette ou dans sa housse ouverte plutôt que directement dans le sable humide.

Accessoires et facilité d’utilisation

Les deux pompes sont livrées avec exactement le même ensemble :

  • tuyau d’inflation ;

  • jeu d’embouts, dont certains spéciaux pour la marque Duotone;

  • câble de recharge ;

  • Quick Start Guide ;

  • housse de rangement.

La sélection de la pression est simple et l’écran reste lisible. L

Les nombreux embouts rendent les pompes compatibles avec les SUP, les boards de wing, les wings, les kites, les kayaks, les bateaux et différents équipements de camping.

La fonction de dégonflage permet également de retirer l’air restant et de replier plus facilement une board avant de la remettre dans son sac.

Airbank ou Anoutway : que paie-t-on réellement ?

Au moment de notre relevé, l’Airbank Pulse Pro était affichée à 133 EUR, contre 129,99 $ pour l’Anoutway Cheetah Pro. Ces prix peuvent évoluer avec les promotions, les frais de livraison et les éventuels codes de réduction.

Sur le terrain, nous n’avons identifié aucune différence de performance :

  • même poids réel ;

  • même fabricant ;

  • même packaging ;

  • mêmes accessoires ;

  • mêmes commandes ;

  • mêmes chronos à 15 et 20 PSI ;

  • même niveau sonore ;

  • même comportement pendant le gonflage.

Le choix ne se joue donc pas sur la puissance ou la vitesse, mais sur :

  • le prix réellement livré en France ;

  • la disponibilité ;

  • le look de la coque ;

  • la garantie ;

  • les pièces détachées ;

  • la qualité du service client.

Les deux marques se sont montrées particulièrement disponibles et réactives pendant la préparation de ce comparatif. Cela ne suffit cependant pas à évaluer leur SAV sur plusieurs années, mais c’est un bon signal.

Airbank et Anoutway annoncent toutes les deux une garantie de deux ans.

Notre verdict : un duel sans vainqueur, mais un vrai game changer

Entre l’Airbank Pulse Pro et l’Anoutway Cheetah Pro, le duel technique se termine par une égalité parfaite.

Tout indique qu’il s’agit de deux versions d’une même pompe, commercialisées sous des marques et des coques différentes.

À performances égales, notre recommandation va donc vers le modèle le moins cher et le plus facilement disponible au moment de l’achat, en tenant compte des frais de livraison, des éventuelles promotions et des conditions de garantie.

Mais ce n’est finalement pas le principal enseignement de ce test. Le vrai match oppose la pompe électrique à la pompe manuelle.

Pour gonfler uniquement une wing, la pompe électrique reste principalement un accessoire de confort. On peut parfaitement s’en passer, et la pompe manuelle conserve les avantages du silence, de la simplicité et de l’absence de batterie.

Pour une board de wing ou un SUP gonflable, le constat est beaucoup plus net.

Obtenir 15 PSI en moins de deux minutes et 20 PSI en moins de trois minutes, sans fournir le moindre effort, change réellement la préparation d’une session.

Avec moins d’un kilo sur la balance et un format qui se glisse facilement dans un boardbag, ces pompes répondent précisément au problème qui m’avait toujours éloigné des modèles électriques : elles peuvent réellement nous accompagner en voyage.

Vingt ans après, je suis donc obligé de ravaler mes vannes.

Si vous voyagez régulièrement, notamment avec une board gonflable, cette nouvelle génération de pompes électriques est un véritable game changer.

Les points forts

  • format réellement compact ;

  • poids inférieur à un kilo ;

  • board de 95 litres gonflée à 20 PSI en 2 min 42 ;

  • aucun effort physique ;

  • arrêt automatique ;

  • batterie intégrée ;

  • utilisable sur une board comme sur une wing ;

  • fonctions de gonflage et de dégonflage ;

  • nombreux embouts.

Les points faibles

  • bruit important ;

  • pompe non étanche ;

  • une batterie supplémentaire à recharger ;

  • prix élevé par rapport à une pompe manuelle ;

  • différences techniques pratiquement inexistantes entre les deux modèles.

Transparence

Les Airbank Pulse Pro et Anoutway Cheetah Pro ont été fournies gratuitement par les marques pour la réalisation de ce test.

Airbank et Anoutway n’ont bénéficié d’aucun droit de regard sur notre protocole, nos résultats ou nos conclusions.

Cet article s’appuie également sur le travail comparatif réalisé par SUP Passion, qui nous a aidés à identifier les modèles les plus intéressants du marché.

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