SLS Paris 2026 : 10 000 fans, Nyjah en feu… et bientôt le Central de Roland-Garros ?
La Street League Skateboarding a une nouvelle fois transformé ce samedi 3 octobre 2026 Roland-Garros en immense skatepark. Chloe Covell conserve son titre, Nyjah Huston survole la finale, Vincent Milou fait trembler Suzanne-Lenglen… mais la vraie bombe est peut-être ailleurs : après deux éditions pleines à craquer, les organisateurs regardent déjà vers plus grand. Et le court Philippe-Chatrier pourrait entrer dans la conversation.
10 000 personnes debout dans Suzanne-Lenglen. Une ola qui traverse les tribunes. Vincent Milou sous un maillot de l’équipe de France floqué Lizarazu. Nyjah Huston qui déroule avec cette décontraction légèrement agaçante des gens beaucoup trop forts.
Et, quelque part dans les coursives de Roland-Garros, Cédric Fray nous glisse tranquillement que l’an prochain, la Street League pourrait peut-être déménager… « dans le stade d’à côté ».
Bienvenue à la SLS Paris 2026.
Crédits : @FrayMedia @teammonster
10 000 personnes et une ambiance que la SLS n’est pas près d’oublier
Pour sa troisième édition parisienne et sa deuxième année consécutive à Roland-Garros, la Street League Skateboarding avait de nouveau investi le court Suzanne-Lenglen.
Et, comme en 2025, la greffe a pris. 10 000 spectateurs ont assisté à la cinquième étape du SLS Championship Tour 2026. L’organisation parle même de l’une des foules les plus bruyantes de l’histoire de la Street League.
Pour ceux qui étaient dans les tribunes, difficile de lui donner tort. Quand Vincent Milou entre en piste, le volume change instantanément. Entre les passages des riders, le speaker joue avec un public qui ne demande que ça. Jusqu’à une désormais classique ola dans Roland-Garros.
Le tennis semble très loin. Et c’est peut-être la première chose que raconte cette édition : après seulement deux ans ici, la SLS n’a plus vraiment l’air d’être invitée à Roland-Garros. Elle commence à y être chez elle.
Chloe Covell : back-to-back au milieu de l’armada japonaise
Chez les femmes, la finale ressemblait presque par moments à un championnat du Japon avec une Australienne au milieu, qui a bien résisté à l’armada.
Déjà victorieuse à Paris en 2025, Chloe Covell réussit le back-to-back au terme d’une finale ultra-serrée. Elle s’impose avec 31,9 points, seulement quatre dixièmes devant Coco Yoshizawa, à 31,5. Liz Akama complète le podium avec 30,5 points. Dans une finale au niveau énorme, Covell a surtout réussi à faire ce que les grands champions savent faire : rester là quand la pression monte, et transformer au moment où il faut.
Deux Paris. Deux victoires.
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Vincent Milou : pendant quelques minutes, Roland-Garros y a cru
Évidemment, le public français n’attendait qu’un homme. Vincent Milou.
Vainqueur ici en 2025, il arrive cette année avec un statut différent : celui du Français capable de battre les meilleurs mondiaux devant son public.
Le natif des landes avait d’ailleurs décidé d’afficher la couleur avec son maillot de l’équipe de France floqué “Lizarazu”. Bixente lui-même a apprécié sur Instagram.
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Et pendant toute la première partie de la finale, il est parfaitement dans le match. Sur les Lines, Milou fait jeu égal avec les meilleurs et reste au contact de Nyjah Huston. Suzanne-Lenglen commence sérieusement à croire au doublé. Mais la partie Tricks ne bascule pas cette fois du bon côté. Le Français termine finalement cinquième, avec notamment deux scores à 9,2 et 8,9. Pas de back-to-back donc.
Mais difficile de parler de déception quand un stade entier se lève à chaque tentative.
Nyjah Huston : quand le patron décide que c’est son jour
Et puis il y avait Nyjah Huston. Que dire ?
Le garçon donne parfois l’impression étrange que tout cela est relativement simple.
Pas de tension visible. Pas de gestuelle surjouée. Une sorte de calme permanent, puis un niveau de skate complètement indécent dès qu’il faut poser les tricks. Dans les tribunes, une jeune fan française commente : “Mais c’est pas possible, il rate tout à l’échauffement, et plaque dès que c’est la compétition”.
L’Américain termine avec 36,4 points, devant Toa Sasaki à 35,4 et Giovanni Vianna à 26,8. Il signe au passage sa 28e victoire en Street League, après 17 mois sans victoire sur le circuit.
En clair : Nyjah n’a pas simplement gagné la SLS Paris. Il l’a survolée.
Telle décontracté l’ami américain qu’il balance non chalamment son skate en fin de run lors de la finale. Le photographe qui l’a pris à Mach 2 dans les tibias a apprécié !
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La SLS Paris ne se joue plus uniquement sur le skatepark
Autour du stade, le stand Posca ne désemplissent pas. Même chose chez Tech Deck. Les enfants customisent, manipulent des mini-skates, observent les riders. La marque de skate français Arkaic se fait assaillir et vend des decks à tour de bras..
Si la SLS reste une compétition sportive de très haut niveau, elle est aussi un rendez-vous incontournable de la culture skate européenne, une plateforme pour les marques, un spectacle grand public et une gigantesque machine à contenus.
Quand Winamax arrive, le skate change aussi de dimension économique
Cette année, un nouveau nom était impossible à manquer autour du court : Winamax, devenu partenaire titre de la SLS Paris. Pour Cédric Fray, fondateur de FrayMédia et promoteur de la Street League en France, l’arrivée d’un acteur de cette taille dépasse largement la simple question du logo posé sur l’événement.
Elle apporte évidemment des moyens supplémentaires, mais elle vient aussi valider les investissements et les risques pris pour lancer la SLS Paris. Surtout, elle montre que de grandes entreprises, à la recherche de supports différents pour communiquer, considèrent désormais l’événement skate comme un objet à forte valeur.
Et Cédric résume presque tout en une phrase :
« Mettre la culture street et le skate au cœur de Paris est devenu naturel, une évidence. »
Il y a encore quelques années, les grandes marques utilisaient souvent le skate pour emprunter ses codes, sa coolitude ou son imagerie. Aujourd’hui, elles investissent directement dans ses événements.
Un skatepark qui ne finira pas à la benne
Autre particularité du modèle parisien : une fois les lumières éteintes, le skatepark ne disparaît pas.
Pour la troisième année consécutive, les modules construits pour accueillir l’élite mondiale auront une seconde vie en Île-de-France.
Le parc 2026 doit être offert à la Région Île-de-France avant d’être réinstallé dans une ville ou sur une île de loisirs francilienne. Au moment où nous avons interrogé Cédric Fray, le lieu exact n’était pas encore décidé.
Après Nyjah Huston, Chloe Covell et Vincent Milou, les modules accueilleront donc demain les pratiquants du quotidien. Une manière assez concrète d’éviter le classique scénario du grand événement éphémère qui démonte tout dès le lendemain matin.
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Et en 2027… le Central ?
Après deux éditions consécutives à Roland-Garros, deux Suzanne-Lenglen remplis et 10 000 spectateurs cette année, jusqu’où la SLS Paris peut-elle grandir ?
On l’a donc demandé directement à Cédric Fray. Le skate à Roland, jamais deux sans trois ?
« Exactement. »
Toujours sur Suzanne-Lenglen ?
Petit sourire.
« Peut-être dans le stade d’à côté. »
Pour avoir plus de place ?
« Pour plus de place, pour peut-être compléter encore, étoffer les choses, continuer de grandir. Ce n’est pas une piste que l’on écarte, on la regarde en tout cas. » Cedric
Traduction : le court Philippe-Chatrier est désormais dans la conversation.
Rien n’est signé, rien n’est annoncé officiellement, et passer du Lenglen au Central poserait évidemment de nombreuses questions techniques. Mais l’idée existe.
Et symboliquement, elle est assez folle. Après avoir investi Roland-Garros, le skateboard pourrait donc s’attaquer dès 2027 à son cœur historique : le Central.
Le skate ne demande plus sa place
Il y a encore quelques années, imaginer rails, ledges et curbs installés au milieu de Roland-Garros aurait probablement ressemblé à une bonne blague de skateur. Aujourd’hui, 10 000 personnes font la ola devant Nyjah Huston et Vincent Milou. Les grandes marques arrivent. Les meilleurs riders mondiaux veulent être là. Les skateparks laissés derrière l’événement continuent à vivre. Et l’étape française commence déjà à réfléchir à la façon de pousser les murs.
La prochaine étape ? Philippe-Chatrier.
Le skate n’est plus vraiment en train de demander sa place. Il commence à choisir la taille du stade.
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