Moins de matériel, plus de liberté et la promesse de surfer la houle sans avoir à tenir une aile. Depuis son apparition, le parawing fait rêver de nombreux passionnés de foil. Mais derrière l'engouement des premiers pratiquants, une question se pose : cette nouvelle discipline peut-elle vraiment détrôner la wingfoil ou restera-t-elle réservée à une poignée de riders expérimentés ? Chez MORDU, on a notre petite idée.
Le parawing, c'est quoi exactement ?
Imaginez une aile de kitesurf miniature, sans boudin gonflable, reliée à une petite barre par quelques lignes courtes. Ajoutez une planche de foil et vous obtenez le parawing, l'une des dernières innovations du monde de la glisse.
Le principe est simple : utiliser la puissance du vent pour décoller sur son foil, remonter au vent, puis replier son aile, la packer dans son haranais (stash belt) pour profiter librement de la houle.
C'est là que réside toute la magie du parawing. Une fois l'aile rangée, plus rien dans les mains, plus de traction, plus de prise au vent. Juste le rider, son foil et l'énergie de l'océan.
Une innovation née à Maui
C'est sur les côtes hawaïennes, et notamment à Maui, que le parawing moderne a véritablement pris son envol.
En août 2024, Greg Drexler, fondateur de Boardriding Maui (BRM), commercialise la Maliko, une aile souple conçue pour naviguer en foil et remonter au vent.
Le concept séduit rapidement les passionnés de downwind : plus besoin de compter uniquement sur la rame ou d'organiser systématiquement une navette pour profiter de longues descentes dans la houle.
Depuis, les innovations s'enchaînent et les fabricants de matériel de glisse se sont emparés de cette nouvelle discipline.
Parawing vs wingfoil : quelles différences ?
À première vue, les deux disciplines se ressemblent. Dans les deux cas, le rider utilise une aile pour se propulser sur une planche équipée d'un hydrofoil.
Mais sur l'eau, les sensations et les possibilités sont bien différentes.
| Critère | Wingfoil | Parawing |
|---|---|---|
| Aile | Gonflable, rigide dans sa structure | Souple, sans structure gonflable |
| Encombrement | Aile plus volumineuse et pompe | Aile compacte, facilement transportable |
| Navigation | Aile tenue en main, même en freefly | Aile pouvant être complètement repliée |
| Apprentissage | Plus accessible pour découvrir le foil | Plus exigeant, surtout au départ |
| Plage de vent | Généralement plus polyvalente | Encore contraignante selon les modèles |
| Terrain de jeu | Freeride, vagues, sauts, race | Freefly, houle, downwind, freeride |
Le parawing ne cherche donc pas nécessairement à reproduire toutes les possibilités de la wingfoil.
Son intérêt est ailleurs : utiliser le vent pour accéder à la glisse, puis s'en affranchir.
Pourquoi le parawing nous fait autant vibrer
Chez MORDU, on aime les sports qui procurent de nouvelles sensations. Et il faut reconnaître que le parawing coche pas mal de cases !
1. Une incroyable sensation de liberté
C'est probablement son plus gros argument. En wingfoil, même lorsque l'aile est neutralisée en freefly, elle reste présente. Il faut la tenir, gérer sa position et composer avec sa prise au vent.
En parawing, on peut la replier complètement. Le rider retrouve alors toute sa liberté de mouvement pour exploiter la houle, enchaîner les courbes et profiter de l'énergie de l'eau. C’est la promesse qui fait rêver!
2. Un encombrement minimal
Fini la pompe et les ailes gonflables qui prennent toute la place dans le coffre !
Une parawing se replie dans un petit sac. Pour ceux qui voyagent régulièrement avec leur matériel, c'est un avantage considérable. Attention, il faut toujours transporter une planche et un foil. Mais côté aile, la différence est appréciable (sauf s’il faut en prendre 2 en sac à dos à cause de la plage de vent limitée…).
3. Un nouveau terrain de jeu
L'un des grands intérêts du parawing est de rendre certaines sessions de downwind plus accessibles sur le plan logistique. Le rider peut utiliser son aile pour remonter au vent, la ranger pour descendre sur la houle, puis la redéployer. Cette autonomie ouvre de nouvelles possibilités, notamment sur les spots où la houle permet de longues phases de glisse sans propulsion.
4. Un matériel qui évolue à toute vitesse
En seulement deux ans, le marché a vu apparaître plusieurs générations d'ailes.
Les fabricants travaillent notamment sur la stabilité, la remontée au vent, la facilité de pliage et de redéploiement, mais aussi sur la gestion de la puissance.
Autant d'améliorations qui pourraient transformer l'expérience des pratiquants.
Pourquoi le parawing reste encore une pratique de niche
Si les vidéos de parawing se multiplient sur les réseaux sociaux, il ne faut pas confondre visibilité et démocratisation.
Aujourd'hui, plusieurs obstacles freinent encore son développement.
Une pratique techniquement exigeante
Le parawing paraît simple : une petite aile, une barre, quelques lignes.
Mais la réalité est plus complexe.
Il faut apprendre à piloter une aile souple, gérer sa puissance, maîtriser les transitions et surtout savoir naviguer efficacement sur un foil.
Pour un rider déjà autonome en wingfoil, l'apprentissage peut être relativement rapide. Pour un débutant complet, la marche est plus haute.
Encore peu d'écoles pour apprendre
C'est l'un des paradoxes de cette nouvelle discipline.
Alors que les marques commercialisent de plus en plus de matériel, les structures proposant un véritable enseignement du parawing restent peu nombreuses.
L'offre se développe, mais elle est encore loin du maillage des écoles de wingfoil.
Or, pour démocratiser un sport, il ne suffit pas de vendre du matériel. Il faut aussi permettre aux pratiquants de découvrir la discipline dans de bonnes conditions, avec un encadrement adapté.
Une plage de vent encore contraignante
C'est, selon nous, le principal frein à son développement. La wingfoil offre aujourd'hui une grande polyvalence. En fonction du matériel et du niveau du rider, elle permet de naviguer dans des conditions très variées.
En parawing, la gestion de la puissance reste plus délicate.
Dans le vent léger, le décollage peut être difficile. Lorsque le vent forcit, une aile trop puissante peut rapidement t’arracher un bras.
Résultat : la plage de vent réellement agréable avec une même aile reste souvent beaucoup plus étroite qu'en wingfoil.
Et c'est précisément sur ce point que les innovations pourraient tout changer.
Le véritable point de bascule : élargir la plage de vent
Chez MORDU, nous avons une conviction : l'avenir du parawing se jouera moins sur la compacité des ailes que sur leur capacité à fonctionner efficacement dans une large plage de vent.
Aujourd'hui, les fabricants multiplient les approches pour améliorer la gestion de puissance.
Parmi les innovations intéressantes, SROKA développe notamment sa FYNIX, équipée du PushBar System, un dispositif de bordé-choqué permettant de faire varier la puissance de l'aile.
L'idée est particulièrement prometteuse : retrouver une partie de la capacité de réglage que connaissent bien les kitesurfeurs, tout en conservant la légèreté et la possibilité de ranger l'aile.
D'autres fabricants travaillent sur les profils, les bridages et les architectures simple ou double peau pour améliorer le rendement et le confort.
Reste à savoir jusqu'où ces innovations permettront d'élargir la plage d'utilisation réelle, sans sacrifier ce qui fait l'intérêt du parawing : sa simplicité et sa compacité.
Si demain une seule aile permet de naviguer confortablement dans des conditions beaucoup plus variées, la discipline pourrait franchir un cap majeur.
Le parawing va-t-il vraiment remplacer la wingfoil ?
C'est la question qui fait débat !
Pour certains, le parawing représente l'évolution naturelle de la wingfoil. Une pratique plus légère, plus libre, qui permet de retrouver les sensations du surf sans renoncer à la propulsion du vent.
Pour d'autres, il restera un sport complémentaire, destiné principalement aux riders expérimentés et aux passionnés de downwind.
Chez MORDU, nous penchons pour une troisième hypothèse.
Le parawing ne va probablement pas tuer la wingfoil. Mais il pourrait bien transformer durablement une partie de sa pratique.
La wingfoil conserve des avantages considérables : une prise en main plus accessible, une grande polyvalence et des possibilités très larges, du freeride aux sauts.
Le parawing, lui, répond à une autre aspiration : naviguer avec le moins de contraintes possible et privilégier les sensations de glisse pure.
Et les deux disciplines pourraient parfaitement cohabiter, comme le surf, le kitesurf et la wingfoil avant elles.
L'histoire des sports de glisse montre d'ailleurs que les innovations ne remplacent pas systématiquement les pratiques existantes. Elles enrichissent souvent le terrain de jeu des passionnés.
Et maintenant, comment se mettre au parawing ?
Vous avez envie de tenter l'expérience ?
Notre premier conseil : ne sous-estimez pas la technicité de la discipline.
Une bonne maîtrise du foil constitue un avantage important. Et pour les premières sessions, mieux vaut privilégier un plan d'eau dégagé, des conditions régulières et un encadrement adapté.
Chez MORDU, nous avons préparé deux contenus pour vous accompagner :
→ Apprendre le parawing : nos 5 conseils pour bien débuter
Les erreurs à éviter, les bons réflexes et nos recommandations pour progresser.
→ Où apprendre le parawing en France ?
Notre sélection d'écoles et de stages pour découvrir cette nouvelle discipline.
L'analyse de Mathieu Gosselin, fondateur de MORDU
« Le parawing me rappelle les débuts de la wingfoil : une nouvelle pratique qui intrigue, un matériel qui évolue très vite et une communauté de passionnés convaincus d'avoir découvert quelque chose d'extraordinaire.
Mais il y a une différence majeure entre séduire les early adopters et démocratiser un sport.
Aujourd'hui, le parawing possède de vrais atouts : la liberté de navigation, un encombrement réduit et cette possibilité assez incroyable de surfer la houle sans aile dans les mains.
À mon sens, le véritable point de bascule sera la plage de vent. Tant qu'elle restera limitée, le parawing aura du mal à concurrencer la polyvalence de la wingfoil. Mais si les fabricants parviennent à élargir significativement cette plage d'utilisation, tout pourrait changer.
Je ne crois pas que le parawing tuera la wingfoil. Je pense plutôt qu'il pourrait devenir une discipline à part entière, avec ses propres usages, son matériel et sa communauté.
En attendant, dans les bonnes conditions, quel kiff et sentiment de liberté ! »
🎧À écouter sur MORDU
Envie de prolonger la session ?
Erwan Jauffroy : repousser les limites du foil. Une aventure hors norme et une autre façon d'explorer la glisse.
Cédric Georges : comment naissent les nouvelles tendances de la glisse ? Un regard d'entrepreneur sur l'innovation et l'évolution du marché.
Antoine Albeau & Marc Amerigo : jusqu'où ira l'innovation dans les sports de glisse ? Une plongée dans les technologies qui pourraient transformer nos équipements.
Retrouvez ces épisodes sur MORDU, le podcast des passionnés de glisse et d'outdoor.
Article MORDU – Novembre 2026