Thimothé Polet : Cap sur sa première route du Rhum, la wing pour souffler

À 26 ans, le skipper havrais prépare sa première Route du Rhum à bord de son Class40 ZEISS. Deux démâtages, un nouveau mât commandé en vingt-quatre heures et beaucoup d’énergie dépensée à terre : Thimoté Polet raconte les coulisses de son projet. Et les sessions de wing qui lui permettent de décompresser.

Un nouveau mât commandé et payé en vingt-quatre heures. C’est le détail que retient Thimoté Polet lorsqu’il raconte son retour à la navigation après son démâtage de juin sur la CIC Normandy Channel Race.

Quelques semaines plus tard, il termine septième de la DRHEAM Cup. Derrière ce résultat, il y a les réparations, les dépenses imprévues, la fatigue et toutes les personnes mobilisées pour remettre son Class40 sur l’eau.

À l’approche de sa première Route du Rhum - Destination Guadeloupe, nous avons eu envie de rencontrer ce Havrais qui porte son propre projet depuis 2023. Pour comprendre comment on arrive jusqu’au départ. Et ce qui donne envie de repartir.

Du premier bord avec son père au projet ZEISS

Thimoté découvre la voile jeune grâce à son père. La compétition prend ensuite de la place : Optimist, 420, match racing, jusqu’à un titre de champion d’Europe jeunes de match racing en 2021.

Le large arrive progressivement, avec le Fastnet en 2019, puis une première Transat Jacques Vabre en 2021. Il y retrouve plusieurs de ses centres d’intérêt :

« Ce métier réunit énormément de choses qui m’intéressent : le sport, la météo, la technique, la capacité à prendre des décisions et à apprendre en permanence. »

En 2023, il construit son propre projet avec ZEISS. La Route du Rhum est déjà en ligne de mire. Il faut désormais réunir les moyens d’y aller et faire vivre le projet au quotidien.

Skipper, même quand on reste à terre

Trouver et fidéliser des partenaires, suivre les budgets, échanger avec les fournisseurs, gérer la logistique et la communication : les journées se remplissent vite.

Thimoté mène aussi de front un Master 2 Finance à Grenoble École de Management, avec le statut de sportif de haut niveau, et la présidence du SNPH. Ce club havrais, où Charlie Dalin était licencié, est un autre terrain d’engagement pour lui : il participe au développement de la course au large dans sa ville.

« On peut passer d’une séance de préparation physique à un rendez-vous avec une entreprise, puis à un problème technique sur le bateau. »

La difficulté, explique-t-il, est de préserver suffisamment de temps et d’énergie pour progresser comme sportif tout en faisant avancer le projet.

Deux démâtages en deux ans

En juin, Thimoté démâte sur la CIC Normandy Channel Race avec Alexandre Demange. Après avoir géré la sécurité à bord, il faut organiser la remise en état du bateau.

C’est son deuxième démâtage en deux ans. Lors du premier, sur The Transat CIC en 2024, il avait été sérieusement blessé à la main.

À quelques mois du Rhum, cette nouvelle casse représente du travail, des dépenses et de la fatigue supplémentaires. La mobilisation est immédiate :

« Un élément très concret résume la mobilisation : le nouveau mât a été commandé et payé en vingt-quatre heures. »

L’équipe enchaîne les réparations et prépare le retour à la navigation. Quelques semaines plus tard, Thimoté reprend le départ sur la DRHEAM Cup et termine septième. La préparation du Rhum peut reprendre.

Il en retient l’importance de connaître son bateau, de le fiabiliser et d’arriver au départ avec de la confiance. Mais aussi de récupérer après toute l’énergie dépensée à terre.

Quand les surfs s’enchaînent

Le plaisir revient dans sa manière de raconter la navigation : un bateau bien réglé, une accélération, puis les surfs qui s’enchaînent.

« Tu observes la mer, tu ajustes, tu sens immédiatement la réaction du bateau. Toute ton attention est là. »

Ces moments prennent une saveur particulière après des semaines de préparation et de réparation. Ils expliquent une partie de l’engagement nécessaire pour faire avancer le projet.

Pour son premier Rhum, Thimoté veut bien naviguer, prendre de bonnes décisions et tenir son rythme dans la durée. Il vient apprendre, mais aussi se battre sur l’eau. Son objectif : rejoindre la Guadeloupe avec le sentiment d’avoir mené une course dont il puisse être fier.

La wing pour décompresser

En dehors du Class40, Thimoté garde une place pour la glisse. Son autre plaisir, c’est la wing, les vagues et les sauts.

« C’est mon moyen de décompresser et de naviguer sans être en compétition. »

Le prochain grand rendez-vous sera son premier départ sur la Route du Rhum. Mais pour souffler entre deux échéances, il retourne aussi sur l’eau, avec une aile et un foil.

Propos recueillis par Mathieu Gosselin pour MORDU.

À écouter sur MORDU

Retrouve Yannick Bestaven : comment un passionné de glisse a gagné le Vendée Globe, entre course au large, kite, surf et wingfoil.

À écouter également : Charlie Dalin : la mer, en solitaire, qui partage avec Thimoté l’ancrage havrais et le lien avec le SNPH.

À suivre sur MORDU

Des athlètes, des entrepreneurs et des projets de la glisse et de l’outdoor que nous avons envie de vous faire découvrir. Une première rencontre, une histoire en cours et l’envie de suivre la suite.

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