Victor Galuchot, de Bon Appétit aux Etoiles de la Terre
Crédit Photo : jeremy-bernard.com
Victor Galuchot, freerider face à la montagne qui change
Aux Menuires, au cœur des 3 Vallées, la montagne est un terrain de jeu immense… mais aussi un maître exigeant. C’est ici qu’a grandi Victor Galuchot, freerider, réalisateur et ancien visage de la web-série culte Bon Appétit.
Dans cet épisode de MORDU, Victor nous emmène dans les coulisses d’une vie passée à lire la montagne : choisir une ligne, gérer la peur, savoir renoncer… et accepter que certaines décisions se prennent en quelques secondes. Avec ses films récents, Victor raconte aussi une autre réalité : celle d’une montagne qui change, où les glaciers disparaissent sous nos yeux.
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Qui est Victor Galuchot ?
Né et grandi aux Menuires, Victor Galuchot découvre le ski dès l’enfance dans les pentes des Belleville. Comme beaucoup d’enfants de la vallée, il passe par le ski club et la compétition… avant de comprendre que ce n’est pas sa voie.
Très vite, il préfère s’éloigner du circuit pour explorer une autre manière de vivre la montagne : libre, créative et collective.
Avec ses amis Nico Favre et Fabien Mayerhofer, il lance la web-série Bon Appétit, devenue en quelques années une référence dans le monde du ski freeride. Pendant près de neuf ans, ils racontent la vraie vie de skieurs professionnels : les galères de conditions, les voyages improvisés, les rencontres et les moments absurdes qui font aussi le sel de cette vie.
Une approche à contre-courant des films de ski traditionnels, qui ne montraient jusque-là que les images les plus spectaculaires.
« Il faut danser avec la peur pour qu’elle reste au bon endroit. »
Les temps forts de l’épisode
❄️ Le freeride comme terrain de création
Pour Victor, une descente commence toujours par une page blanche.
Une pente, une lumière, une texture de neige. La ligne n’existe pas encore : elle se construit dans le regard du skieur. Chaque trace devient alors une forme de création éphémère, dessinée sur la montagne.
⚠️ Apprendre à vivre avec la peur
En freeride, la peur n’est ni un ennemi ni un moteur. Elle est un signal. Victor explique qu’une grande partie de l’expérience consiste à apprendre à trouver la bonne distance avec elle : suffisamment présente pour rester lucide, mais jamais au point de perdre ses moyens.
Et surtout, savoir faire demi-tour.
🧭 Le sens de la montagne
Avec les années, les freeriders développent ce que Victor appelle le sens de la montagne. Observer la neige, comprendre les formes du terrain, anticiper les avalanches : cette connaissance se construit lentement, souvent grâce à l’expérience et aux erreurs. Une compétence qui ne s’apprend pas seulement dans les livres… mais surtout dehors.
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🎥 Bon Appétit, raconter la vraie vie du ski
Avec Bon Appétit, Victor et son équipe ont voulu montrer une autre facette du ski professionnel.
Moins de performance pure, plus de réalité : les journées sans neige, les kilomètres pour trouver une fenêtre météo, les délires entre amis, et cette communauté de passionnés qui se retrouve partout dans le monde.
Une série devenue culte dans la culture freeride.
🎬 Parallelo, skier autrement
Dans son film Parallelo, Victor embarque son ami Pierre Guyot dans une aventure un peu particulière : partir skier loin des modèles classiques du freeride moderne.
Pas d’hélicoptère, pas de grands voyages à l’autre bout du monde.
Ici, on se déplace à vélo, à pied, en peaux de phoque, en partant directement de la vallée.
Une approche plus lente, plus locale, mais aussi plus engagée physiquement.
Le film montre à la fois la beauté de cette démarche… et ses risques : lors du tournage, Victor se fait surprendre par une avalanche en pleine ascension, rappel brutal que la montagne reste toujours plus forte que nous.
🌍 De la glisse à la prise de conscience
Avec le temps, Victor voit la montagne évoluer sous ses yeux. Les saisons changent, les glaciers disparaissent, les limites pluie-neige remontent. Son film Les étoiles de la Terre naît de cette prise de conscience.
Le titre fait référence à une image simple : la lumière d’une étoile peut continuer à nous parvenir alors qu’elle est déjà éteinte.
Comme certains glaciers que nous voyons encore aujourd’hui.
« Dans l’espace de ma vie, à échelle d’homme, je vois les glaciers disparaître »
crédit photo : jeremy-bernard.com
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« Si il y a un doute, il n’y a pas de doute. La montagne sera encore là demain. »